L’Erreur est Humaine
House (lance une boulette de papier à Wilson) : Condamnés à un travail inutile.
Wilson : Le 4e cercle de l’enfer. Tes comptes-rendus ça va beaucoup plus vite quand on laisse de côté la poésie classique.
House : Ecrire ce qu’on sait déjà pour que personne ne les lisent. Je pense que Dante serait d’accord pour dire que c’est plus qu’inutile.
Wilson : Tu es en retard depuis plus de 2 semaines dans tes comptes-rendus.
(House tire une boulette de papier sur Cuddy).
House : Loupé ! C’est bête !
Cuddy : Vous avez quel âge ? 8ans ?
House : Est-ce qu’un enfant de 8 ans saurait faire ça ?
(House fait une grimace).
Cuddy : Faites attention ! Vous allez rester comme ça. Vous avez une patiente en salle n°1.
House : Ah oui, mais je termine les consultations à midi. Il est déjà moins 5.
Cuddy : Sauf qu’elle vous attend depuis 11h.
House (à Wilson) : Mélancolie sans une once d’espoir. C’est quel cercle déjà ?
(House rentre dans la salle d’examen)
House : Bonjour, je suis le Dr House. Quel est le problème ?
Nonne n°1 : Montrez-lui vos mains, Augustine !
(Sœur Augustine montre ses mains au Dr House)
Nonne n°2 : On dirait des stigmates.
Nonne n°1 : Chut, Pius !
House : On doit parler que de vous autour du distributeur d’eau bénite. Vous avez beaucoup fait la vaisselle c’est temps-ci ?
Sœur Augustine : J’ai aidé à la cuisine.
House : Des nouveautés dans la cuisine ?
Nonne n°2 : On nous a fait don de casseroles et de marmites cette semaine.
Sœur Augustine : Je les ai déballées et lavées.
House : Vous auriez mieux fait de prier pour notre salut, ça abîme moins les mains. C’est une dermatose de contact : vous êtes allergique au produit vaisselle.
Nonne n°1 : Mais c’est ridicule, on a toujours utilisé ce produit pourquoi ça poserait des problèmes tout à coup ?
House : Je suis un médecin depuis des années, pourquoi dois-je constamment répéter à mes patients que je sais ce que je fais. Une personne peut subitement devenir allergique à une substance avec laquelle elle a eu des contacts répétés et prolongés. Echantillon gratuit ! Cadeau de la maison ! Difinitramide, c’est un antihistaminique, ça stoppera la réaction allergique. Un toutes les 8h, il se peut aussi que ça vous donne envie de dormir et mettre aussi un peu de cette crème à la cortisone vendue sans ordonnance.
Sœur Augustine : Merci Docteur.
House : Vous voulez de l’eau ?
Sœur Augustine : J’ai de la tisane.
House : Bon, alors détendez-vous quelques minutes, ça fait très vite effet.
(House sort de la salle)
Wilson : Et il est à peine midi.
House : Qu’est-ce que tu ferais toi pour un problème de dermatose ?
Wilson : Quoi ?
Nonne n°1 : Docteur, je voulais vous remercier pour votre patience.
Wilson : C’est à toi qu’elle parle ?
House : Ce qui est sûr c’est que c’est moi qu’elle regarde.
Nonne n°1 : Ça leur fait du bien d’avoir un diagnostic laïque. Les sœurs ont tendance à attribuer leur maladie à une intervention divine.
House : Et vous, non ? Avec ce que vous avez sur la tête.
Wilson : Bon, excusez-moi ! (Wilson s’en va)
Nonne n°1 : Si je me casse la jambe, je crois que ce n’est, pas un hasard, je crois que dieu a voulu que je me casse la jambe mais je crois aussi qu’il veut que je mette un plâtre…
Nonne n°2 : Docteur, vous pouvez venir ?
(Sœur Augustine respire mal. House prend son stéthoscope est ausculte la sœur)
House : Levez le menton ! Ma sœur vous avez une crise d’asthme. Essayez de vous calmez. Remontez-lui la manche, s’il vous plaît ! (House prend une seringue dans le tiroir). C’est de l’épinéphrine, ça va ouvrir vos poumons et vous aider à respirer. (Il plante l’aiguille dans le bras de la sœur)
None n°1 : Qu’est-ce qui s’est passé ?
House : Elle a pris le comprimé ?
Nonne n°1 : Oui.
House : C’est probablement une réaction allergique.
Nonne n°1 : Elle est allergique à l’antiallergique ?
House : Vous croyez que c’est le diable qui vient la chercher ? Comment ça va ?
Sœur Augustine : Mieux.
House : Je vais vous mettre sous corticoïde à la place.
Sœur Augustine : C’est normal que je me sente aussi bizarre ?
House: Ça c’est l’adrénaline, ça fait battre votre cœur plus vite. Mais pas à ce point-là. Allez chercher une infirmière, s’il vous plaît !! Allongez-vous !
Nonne n°2 (qui crie dans le couloir): Une infirmière, s’il vous plaît, vite !!
House (commence le massage cardiaque) : Dépêchez-vous! Qu’est-ce vous fichez ? Allez-y ! Chargez le défibrillateur ! J’ai plus de pouls.
Générique:
Dans le bureau de Cuddy.
Cuddy : Vous avez diagnostiqué une allergie, prescrit un antihistaminique, la patiente a été prise de difficultés respiratoires et vous lui avez injecté de l’épinéphrine. Probablement 1 CC.
House : 0,1 CC c’est la dose standard. C’est ce que je lui ai donné.
Cuddy : On ne fait pas un arrêt cardiaque avec 0,1 CC d’épinéphrine.
House : Elle devait déjà avoir une insuffisance cardiaque qui a été exacerbée par l’épinéphrine.
Cuddy : C’est dommage que vous n’ailliez pas fait une note là-dessus dans le compte-rendu.
House : Je peux la faire maintenant ?
Cuddy : Dans le tiroir, il y a des seringues avec les 2 dosages. Vous avez très bien pu vous tromper.
House : Puisque-je vous dis que …
Cuddy : Tout le monde fait des erreurs. C’est pour ça qu’on paye des sommes astronomiques en assurance.
House : Elles vont pas porter plainte voyons ! Au pire, elles me donneront un coup de règle sur les doigts.
Cuddy : Et le conseil de discipline ? Il va aussi vous donner un coup de règle ?
House : Vous allez me dénoncer ?
Cuddy : J’ai quelle autre solution ?
House : euuuhhh chais pas, ne pas me dénoncer !
Cuddy : Je dois pouvoir justifier qu’on la garde en observation pendant 24h. Si passé ce délai vous n’avez pas trouvé de cause sous-jacente au problème cardiaque, je serais forcée de prévenir nos avocats. (House quitte le bureau)
(Toute l’équipe marche dans le couloir)
Cameron : Elle avait les mains rouges et enflées, c’est peut-être une affection cutanée. Ça expliquerait la tachycardie.
Foreman : Non, il n’y a pas de fièvre et la NFS n’indique pas d’infection.
Cameron : Les éosinophiles sont légèrement élevés, la VS un peu haute, ça peut être une réaction allergique systémique.
House : C’est pas une allergie. Les allergies ne provoquent pas d’arrêt cardiaque de ce genre. Je pense plutôt à une inflammation vasculaire.
Foreman : Vascularite ? On n’aurait pas d’hyper-éosinophilie.
House : Si, dans le syndrome de Churg-Strauss, les vaisseaux du cœur, de la peau des poumons s’enflamment, provoquant asthme, rhumatismes et problèmes cardiaques, c'est-à-dire tous nos symptômes.
Cameron : Il faut une biopsie pour confirmer.
Chase : Un scanner serait plus rapide.
Foreman : Elle était venue pour une simple éruption cutanée.
(Ils arrivent à leur bureau, House s’arrête et voit des cannes en sucre)
House : Qu’est-ce que c’est ces trucs ?
Cameron : Des cannes en sucre…
House : Des cannes en sucre ? Vous vous moquez d’un infirme ?
Cameron panique : Non… c’est bientôt Noël et j’ai…j’ai …
House : Relax, j’rigole.
Foreman: Le pronostic pour Churg-Strauss n’est pas un peu sombre ?
Cameron : Si! Sans traitement seuls 33% des patients survivent plus d’1 an, 5 ans si ils sont traités.
House : Bon bah, je crois qu’on va tenter le traitement.
Forman : Si c’était n’importe qui d’autre, je dirais que ça vient du médecin qui lui a donné trop d’épinéphrine.
House : En disant que vous ne diriez pas que c’est ma faute, en fait vous dites que c’est ma faute.
Foreman : Tout le monde se plante, je vous cite : « je ne vois pas pour quelle raison vous feriez exception ».
House : Je ne me suis pas planté ! Scanner du thorax pour la sœur et mettez-la sous cortisone 40 mg 3 fois par jour. !
Chase : La sœur ?
House : Ah, je vous l’ai pas dit ? La patiente est une nonne, sœur Augustine.
Chase : Ouh, je hais les bonnes sœurs !
House : Comme tout le monde !
(Sœur Augustine et l’autre nonne regardent la télé d’un air surpris)
Cameron : Sœur Augustine ?
Soeur Augustine : On ne regardait pas !
Nonne n°2 (ferme en vitesse la télé): On essayait de voir si c’était la télécommande pour le lit.
Cameron : Ah, euh ça c’est pour le lit et ça c’est pour la télé. Je suis le docteur Cameron et voici le docteur Chase et le docteur Forman.
Sœur Augustine : Ça fait 20 ans que je n’avais pas regardé la télévision.
Chase : Vous considérez que c’est l’œuvre du diable ou vous n’avez pas le câble là où vous vivez ?
Foreman : Comment vous sentez-vous ?
Sœur Augustine : Un petit peu mieux, on m’a donné un médicament tout à l’heure.
Foreman : Oui, de la prednisone, c’est un corticoïde qui va calmer l’inflammation.
Sœur Augustine : Le Dr House a trouvé ce que j’avais ? Je vais bientôt pouvoir sortir ?
Cameron : Nous ne sommes pas encore sûrs, vous allez passer un scanner cet après-midi qui nous aidera à établir un diagnostic.
Nonne n°2 : Le Dr House lui a prescrit quelque chose et il ne sait pas encore ce qu’elle a ?
Sœur Augustine : Aillez la Foi ma sœur ! Rien n’arrive par hasard.
(Changement)
Foreman : Il ne sait pas ce qu’il fait. Le seul problème qu’elle a c’est qu’il a pris la mauvaise seringue.
Cameron : Tu n’as pas confiance en lui ?
Foreman : Je me méfie des gens qui refuse d’admette qu’ils peuvent avoir tort et j’ai remarqué que tu ne t’étais pas empressé de lui dire qu’elle était condamnée…
Cameron : On n’annonce pas de mauvaises nouvelles avant d’en être sûr.
Foreman : Parce que tu sais que House a peut-être tort.
Cameron : Sur la maladie de Churg-Strauss, pas ce qui s’est passé ensuite.
Foreman (à Chase) : Tu en penses quoi, toi ? Il est infaillible ?
Chase : Tout ce que je sais, c’est que s’il ne s’est pas planté et que sœur Augustine a un Churg-Strauss, il va jubiler et on sera peinard pendant quelques semaines, s’il s’est bel et bien gouré, il va mal le prendre et nous le faire payer pendant des mois.
Foreman sourit : ouais… y a ça aussi.
(Changement : House sort de l’ascenseur avec Wilson)
House : Si Cuddy pense que j’ai fait une erreur elle devrait au moins me suspendre de mes consultations.
Wilson : Ne confonds pas faire une erreur et être incompétent.
House : Et voilà c’est parti ! Je te met les points sur les « i », je reconnais que les confidences c’est pas trop mon truc mais je reconnais aussi qu’étant un homme, je suis capable d’erreurs.
Wilson : Donc tu t’es peut-être trompé ?
House : Non !
Wilson : Ta capacité à l’erreur est donc purement théorique.
House : Voilà, peut-être que j’en fais pas, c’est peut-être ça mon erreur.
Wilson : Tu sais qu’en général, les gens qui ont une si haute opinion d’eux-mêmes adorent parler d’eux à qui …
House : Les autres ont horreur de les écouter alors c’est quoi ton problème ?
(House entre dans la salle d’examen, il voit le Père Noël et hausse les sourcils. Il commence à renifler la salle.)
House : A mon avis vos intestins vont mal.
Patient : Oui, gagné ! C’est à ce point-là ?
House : Oui, c’est aussi écrit sur votre dossier, diarrhée hémorragique, gaz, maux de ventre, vous avez pris de la sulfadiazine mais ça n’a pas marché.
Patient : Non, après j’ai…
House : Vous avez essayé lavement au corticoïde, cortiozoïdose, pentasazi…j’suis impressionné.
Patient : Par tous les médicaments que j’ai pris ?
House : Par la rigueur du compte-rendu, ça c’est du boulot !
Patient : Devoir aller aux toilettes toutes les demi-heures je fais avec, mais les gosses sur les genoux ça devient intenable et je vais finir par me faire virer. Vous pourriez pas me donner du pintasa ? Peut-être que là ça marcherait.
House : J’en doute. Je vais vous faire une prescription, c’est pas cher ce qui tombe bien parce que vous pourrez pas vous le faire rembourser.
Patient : Du riz comp…
House : Riz complet. Un bol matin et soir, 2 par jours pas plus. Les études, ont prouvé que le riz complet et un des moyens les plus efficaces de lutter contre les problèmes intestinaux. C’est comme les carottes ça rend les fesses roses.
Patient : Vous vous fichez de moi ?
House : Pour le coté rose, oui, pour le reste, non !
Patient : Vous êtes sûr que je vais pas tomber accro ?
House : Pratiquement toutes les drogues que je prescris présentent ce genre de danger, la seule différence c’est que celle-ci est totalement légale. Un très bon Noël à vous !
(Changement de scène : Chase pousse la chaise roulante de sœur Augustine dans le couloir)
Sœur Augustine : J’ai discuté avec l’infirmier Arsenio, vous le connaissez ?
Chase : Pas vraiment.
Sœur Augustine : Il peut faire des photos avec son téléphone.
Chase : Cool !
Sœur Augustine : La jeune femme du labo est très intéressante aussi, elle a étudié l’astrophysique avant de devenir infirmière.
Chase : Vous connaissez mieux le personnel que moi.
Sœur Augustine : J’adore discuter avec les gens, tout savoir sur eux.
Chase : Pourtant vous vivez dans un couvent.
Sœur Augustine : C’est là que je sers le mieux le Seigneur et le monde.
Chase : Le Seigneur peut-être… le reste du monde en revanche ça serait peut-être plus efficace de donner à manger aux sans-abris.
Sœur Augustine : Soigner les malades.
Chase : Par exemple, oui !
Sœur Augustine : Vous avez toujours voulu être médecin ?
Chase : Toujours. Vous avez toujours voulu prendre le voile ?
Sœur Augustine : Mes parents sont morts quand j’avais 6 ans. J’ai été élevée dans un foyer d’accueil tenu par l’église à 18 ans, je suis entrée au couvent où j’ai été autorisée à prononcer mes vœux. Je n’ai pas connu d’autre vie, ni le souhaité.
(Changement de scène : sœur Augustine est dans l’appareil à IRM)
Foreman : Ecoutez-moi bien ma sœur ! Il faut que vous restiez le plus immobile possible. Si vous vous sentez angoissé dites-le nous !
Sœur Augustine : Comme l‘a dit Jonas dans le ventre de la baleine, quand j’avais perdu tout espoir j’ai tourné mes pensées vers le Seigneur.
Foreman : Dieu est à ses côtés.
Cameron : J’crois pas en Dieu.
Foreman : T’es même pas un peu agnostique ?
Sœur Augustine : C’est normal que ça sent bizarre ?
Infirmière : Il y a un patient qui a vomi ce matin, on a nettoyé mais…
Cameron : C’est normal ma sœur, encore quelques petites minutes. Je crois en quelque chose au-dessus de nous qui dirige plus ou moins la barque mais pas en une unité anthropomorphique appelée Dieu qui contrôle tout ce qu’on fait, toi et moi.
Foreman : Qu’est-ce qui y a contrôlé à part tout ce qu’on fait toi et moi ?
Cameron : Foreman, tu te prends pour le centre du monde.
Foreman : Tu voudrais que ce soit les poissons et les arbres qui se prennent pour le centre du monde ? Et toi Chase ? Tu crois en Dieu ?
Chase : Je crois que sœur Augustine n’a aucun problème vasculaire et donc pas de Churg-Strauss.
Foreman : Ce qui veut dire qu’il s’est trompé de seringue.
Cameron : Non, il y a une autre explication : peut-être une thyréotoxicose ou un carcinoïde.
Foreman : Mais c’est délirant ton truc, tu ne crois pas du tout en Dieu mais que tu es prête à croire aveuglément en un seul homme.
Sœur Augustine : S’il vous plait, l’odeur !
Foreman : Allez, on y va !
Cameron : J’arrive, ma sœur ! Ça y est, je vous sors.
Sœur Augustine : C’est l’odeur je me sens pas bien.
Cameron : Il n’y a pas d’odeur, ça va aller.
Sœur Augustine : Seigneur, c’est Jésus, c’est Jésus, il est venu vers moi ! Il est là, je le sens, il me brûle !
Foreman : Vite, donnez-lui du lorazépam !
Sœur Augustine : Je vous en prie…
Foreman : Les odeurs et les visions religieuses, c’est symptomatique des œdèmes du lobe temporal, il ne faudrait pas que …
(Sœur Augustine commence à convulser)
Cameron : Elle convulse ! Tenez-lui la mâchoire !
Foreman : Aidez-moi à la mettre sur le côté !
Chase : Les visions religieuses ?
Foreman : ouais et tout de suite après… (il soulève un peu la robe de la sœur et voit des plaque rouges sur la cuisse).
(Changement de scène)
Foreman : A priori le test est positif pour l’encéphalite herpétique.
House : Ce qui nous dit ?
Cameron : Que son système immunitaire est gravement affaibli.
Cuddy : oh, je sais, la prednisone affaiblit le système immunitaire. Ce n’est pas le médicament que vous lui avez donné pour le truc qu’elle n’a pas ?
House : Oui mais… eh, c’était un piège ! Petite coquine.
Cameron : Son système immunitaire est gravement affaibli. Les doses de prednisone n’auraient pas fait ça.
Cuddy : Vous faites tenir votre diagnostic à un adverbe ?
House : Dans dix secondes je vais vous annoncer que j’ai pris la mauvaise seringue.
Cuddy : Vous allez admettre votre erreur ?
House : Sauf si vous quittez ce bureau, si vous restez vous devrez témoigner. 5, 4, 3 ,2… donc j’étais en consultation ivre mort j’ai ouvert le tiroir, fermé les yeux et pris la première seringue qui me tombait sous la main…(Cuddy quitte le bureau) . Bon quelles sont les options en cas d’affaiblissement du système immunitaire ?
Chase : Maladie du tissu conjonctif, ça expliquerait qu’elle se soit sentie mieux avec le corticoïde.
Foreman : Oui elle s’est sentie mieux jusqu'au moment où ça a failli la tuer.
House : D’un autre côté, ça explique les symptômes : les mains enflées, les problèmes pulmonaires et cardiaques, tout colle.
Forman : Sauf que son AAN est normal.
House : Refaites l’examen !
Foreman : Le traitement ce sont les corticoïdes, la prednisone et c’est inenvisageable à cause de l’encéphalite.
House : On va donc utiliser quelque chose qui agit sur le système immunitaire sans le supprimer : caisson oxygène hyperbare.
Foreman : Aucun protocole ne prévoit de mettre un patient en caisson à oxygène hyperbare pour des problèmes d’auto-immunité.
House : Oh, ces toubibs, toujours avec leur protocole. Préparez la nonne et arrêtez la prednisone. Cela m’amuse et me contrarie à la fois de voir que vous pensez que je devrais être moins têtu que vous.
Forman : vous connaissez le serment d’Hippocrate, évidemment.
House : Euh, le truc qui commence par « ne pas nuire au malade et qui interdit les avortements, le libertinage et d’abord et avant tout d’inciser pour un problème de calcul ? » Oui je l’ai lu une fois, c’est assez moyen.
Foreman : Un traitement hyperbare peut provoquer une toxicité de l’oxygène, des lésions aux yeux et …
House : Tous les traitements ont leur danger.
Foreman : Et c’est pour ça qu’on ne traite que lorsqu’on est convaincu de la nécessité du traitement.
House : J’en suis convaincu, vous non ? Qu’est-ce que vous allez bien y faire ? mmmhh ?
(Changement : Cuddy est au téléphone dans son bureau)
Cuddy : J’ai une possibilité jeudi à 15 h. T’as un 4ème ? Il sait jouer ? Foreman entre dans son bureau. Écoute j’te rappelle. Salut. (Elle raccroche le téléphone). Qu’est-ce qu’il se passe ?
(Changement : La sœur Augustine est dans le caisson hyperbare)
Chase : La pression va pousser l’oxygène dans votre organisme et saturer votre sang, ça activera les leucocytes et ça réduira l’inflammation.
Sœur Augustine : Et ça va me guérir de cette maladie du tissu conjonctif ?
Chase : On va vous faire une dizaine de traitements et ensuite on réévaluera.
Sœur Augustine : Le dernier avec la prednisone m’a provoqué des convulsions, n’est-ce pas ? Le Dr House a confiance en ce traitement-ci?
Cameron : Le fait que vous ayez réagi aussi violemment au prednisone nous a dit que votre système immunitaire présente une anomalie.
Soeur Augustine : Alors c’était une bénédiction, dans un sens.
(Changement : House regarde la télé dans la chapelle de l’hôpital))
Télé : - qui est votre préféré parmi les rennes du Père Noël ?
- Rudolph
- J’aurais cru que c’été Pixel
- Qu’est-ce que vous sous-entendez ?
- Non rien mais je vous ai vu à la soirée de Noël avec le Dr Walz et le Dr Fuorkince et mademoiselle …
- Je ne faisais rien de mal, je dansais …
Nonne n°2 : Vous êtes dans une chapelle ! Un lieu de prière !
House : Un lieu de prière, ah c’est pour ça que j’ai une excellente réception et aussi pourquoi y a jamais personne.
Nonne 2 : Il faut que je vous parle Docteur House, Sœur Augustine croit en des choses qui n’existent pas.
House : J’pensais que c’était une des conditions requises pour faire votre boulot.
Nonne 2 : Elle invente des histoires pour qu’on la plaigne, elle est hypocondriaque.
House : Donc vous me prévenez que je suis p’t’être en train de l’encourager dans son vice.
Nonne 2 : maux de gorge, douleurs articulaires, il y a toujours un problème sans jamais aucune raison valable. La Mère Supérieure marche à fond dans son jeu, elle la dispense de certaines tâches. Comme si elle était… fragile, différente des autres.
House : Ça doit vous mettre en colère.
Nonne 2: Ça me contrarie. Agir de cette façon n’est pas dans son intérêt.
House : Vous en voulez un bout ?
Nonne 2 : Je ne devrais pas …(prend la tablette de chocolat et en prend un bout)
House : J’imagine qu’il faut être fine psychologue pour être l’infirmière dans un couvent, non ?
Nonne 2: Mmmhh (elle hoche la tête)
House : Nous avons donc l’orgueil, la colère, l’envie, la gourmandise... soit 4 des 7 péchés capitaux en moins de 2 minutes, vous vous amusez à battre des records ? Vous avez des jeux catholympiques ?
Nonne 2: Les gens disent que vous avez un don.
House : Oh les gens disent des tas de choses.
Nonne 1 : Vous vous cachez derrière votre intelligence.
House : Oui c’est pas très malin.
Nonne 2 : Vous plaisanter car vous avez peur de prendre les choses au sérieux parce que quand on prend les choses au sérieux on s’investit et quand on s’investit…
House : Quand les choses tournent mal je déguste, j’suis pas dur, j’suis vulnérable.
Nonne 2 : C’est à peine si je vous connais et je me trompe peut-être mais j’espère avoir vu juste parce que la seule explication sinon, c’est que vous êtes aussi pitoyable que vous en avez l’air.
House : Vu la façon dont vous êtes en train de me regarder, je dirais qu’on vient juste de passer au 5ème, la luxure. (La nonne lui rend la tablette et s’en va alors que House se remet à regarder sa petite télé)
(Changement : Chase sort Sœur Augustine du caisson hyperbare)
Chase : Comment vous vous sentez ?
Soeur Augustine : Un peu faible.
Chase : C’est à cause de l’oxygène.
Soeur Augustine : j’ai la bouche sèche
Chase : Bon euh… je vous apporte un peu de votre tisane alors.
(Changement : Cuddy poursuit House dans le couloir)
Cuddy : Une maladie du tissu conjonctivf? Son AAN est presque normal !
House : Merci de suivre le dossier, je me sens soutenu c’est vraiment sympa.
Cuddy : La saturation en oxygène est à 83, problèmes pulmonaires et respiratoires.
House : Une irritation due à l’oxygène est typique.
Cuddy : Elle est venue pour des plaques et vous avez provoqué un arrêt cardiaque.
House : Oh cette cuite ne s’arrêtera donc jamais ! Si y a pas problème sous-jacent pourquoi elle a encore un pouls élevé ?
Cuddy : Peut-être à cause de l’encéphalite herpétique provoquée par votre prescription de prednisone.
House : Sa réaction est un symptôme pas une erreur.
Cuddy : Il y a toujours une explication, hein ?
House : Oui toujours si celle-ci ne convient pas on en trouvera une autre.
Cuddy : Qui impliquera que vous vous êtes trompé.
House : Qui collera avec l’ensemble des faits. Ecoutez, nous avons manifestement une divergence d’opinions et pourquoi pas ? Mais j’ai déjà claqué toutes les heures que j’avais prévu aujourd’hui pour me taper la tête contre les murs.
Cuddy : Je vais vous rendre le plus grand service qu’un médecin puisse rendre à un autre. Je vais vous empêcher de tuer votre patiente. Je vous retire le dossier.
(Changement : Foreman, Chase, Cameron et Cuddy sont assis dans son bureau)
Cuddy : On va traiter les symptômes.
Cameron : Pas les problèmes sous-jacents ?
Cuddy : Il n’y a pas de problème sous-jacent, elle en est où là ?
Chase : Elle a des difficultés respiratoires.
Cuddy : A cause de son séjour en caisson. Mettez-la à 40 % d’oxygène jusqu'à ce que ça remonte.
Chase : L’urée et la créatinine sont en hausse et l’aat et les asats sont deux fois trop élevés…
Cuddy : A rapprocher de son hypotension, on va suivre ça avec le labo.
Foreman : Elle a toujours les plaques et les douleurs pour lesquelles elle s’est présentée.
Cuddy : Mettez-la sous anti-inflammatoire non stéroïdien !
Cameron : En faisant le diagnostic différentiel avec le Docteur House nous avions changé…
Cuddy : Je ne veux pas savoir ce que vous aviez envisagé. Tous les symptômes de cette femme découlent des errements du Dr House. Bon, nous allons remédier à tout ça. Je veux qu’elle ressorte de cet hôpital sur ses pieds.
(Changement)
Foreman : Eh, je l’ai pas vraiment trahi. Elle aurait fini par savoir pour le caisson hyperbare.
Cameron : Tu as écouté ta conscience.
(Changement : House cherche dans le tiroir où il y a les seringues d’épinéphrine. Wilson le surprend).
Wilson : Tu ne peux plus te passer de cet endroit, hein ?
House (sursaute) : Je cherche mon stéthoscope.
Wilson : Donc je dois surtout pas tirer de conclusions relatives du fait que tu cherches dans le tiroir où on met les seringues d’épinéphrine.
House : Ok, ouais je veux laver ma réputation.
Wilson : Ah, oui c’est vrai j’avais oublié l’importance que tu apportes au qu’en dira-t-on. Prescrire du riz complet pour un problème de colite. Tu es sûr que tu es médecin ?
House : Tu sais pourquoi les gens vont chez le médecin dès qu’ils font, et c’est le cas de le dire, un pet de travers ?
Wilson : Parce que c’est assez désagréable ?
House : Parce qu’ils s’estiment heureux de pouvoir y aller. Dans le tiers-monde c’est pas si facile de se faire soigner, la culpabilité c’est le pet de travers.
Wilson : Oui la culpabilité fait des ravages.
House : Tu as dit ça sur un ton lourd de sens.
Wilson : Tu n’es pas là pour trouver ton stéthoscope, ni pour laver ta réputation. Tu es la parce que tu as un doute. Tu t’es peut-être effectivement gouré.
House : Je suis là parce que si j’ai raison Cuddy va tuer cette patiente.
Wilson : Soit, mais si tu as tort ?
House : Elle va lui sauver la vie.
Wilson : Bon, tu n’as plus qu’à taper les dossiers de tous les patients qui sont passés en consultation ces 2 derniers jours, en espérant que les comptes-rendus ont été correctement faits. Ce qui n’est pas gagné en ce qui concerne les tiens.
(Changement : Chase examine la Sœur)
Chase : Ces comprimés vont aider vos reins a mieux fonctionner ma Sœur. Donnez-moi votre poignet !
Soeur Augustine : Ça donne quoi ?
Chase : 104.
Soeur Augustine : Et c’est bien ?
Chase : Très bien.
Soeur Augustine : Vous ne savez mentir, Dr Chase.
Chase (son bippeur sonne, un message de sa mère) : Une urgence, excusez-moi !
(Changement : Chase rejoint House dans son bureau)
Chase : Ma mère est morte depuis 10 ans.
House : Mais elle est toujours avec vous en esprit ! Vous savez quoi sur la bonne sœur ?
Chase : Laquelle ?
House : La mignonne, je crois que j’ai un ticket… à votre avis, laquelle ?
Chase : Ses parents sont morts quand elle était enfant, et elle est chez les cathos depuis ce jour-là.
House : Sur quoi elle ment ?
Chase : Pourquoi vous dites ça ?
House : Oh je dis toujours ça ! La plus âgée pense que cette fille est une mythomane éhontée. Vous qui connaissez les bonnes sœurs…
Chase : Je ne connais pas les bonnes sœurs.
House : Vous haïssez les bonnes sœurs, c’est donc forcément que vous les connaissez.
Chase : Vous connaissez des nazis ? Peut-être que je les hais par principe.
House : J’ai une théorie sur ce qui fait qu’on est un bon garçon : c’est pas à cause de certains impératifs moraux, non, on devient un bon garçon parce qu’on vous a instillé la peur de Dieu. L’église catholique est spécialisée dans ce genre de dressage qui fait que les bons garçons vivent dans la crainte du châtiment divin et font ce que leur père leur dit, mmh ? Comme par exemple, étudier la médecine alors qu’ils n’en ont aucune envie, qu’est-ce que vous en pensez ?
Chase : Que si elle avait un secret la Mère Supérieure le saurait !
(Changement : House est dans la cuisine du couvent avec la Mère Supérieure)
House : Vous avez repeint ou changé les moquettes récemment ?
Nonne : Non.
House : Elle a pu avoir accès à certaines médications ?
Nonne : Toute notre pharmacie est sous clé à l’infirmerie et nous ne gardons aucun médicament vendu sur ordonnance ici, pourquoi n’avoir pas posé toutes ces questions à sœur Augustine ?
House : Je sais d’expérience que quand on veut savoir la vérité sur une personne ce n’est jamais à ladite personne qu’il faut s’adresser.
Nonne : Et avez-vous parlé à Sœur Eucharist ?
House : Elle lui a cassé du sucre sur le dos assez rapidement, à votre place je la renverrais à l’école des religieuses 1 ans ou 2.
Nonne (rigole) : Prendre le voile ne fait pas de vous une Sainte.
House : Tous comme être médecin ne fait pas de vous un guérisseur.
Nonne : Ce n’est pas parce que nous vivons retirées du monde et passons le plus clair de notre temps à prier que nous n’avons pas nos petites histoires.
House : Et donc c’est quoi l’histoire de la religieuse malade ?
Nonne : Sœur Augustine a vécu dans un foyer d’accueil catholique jusqu'à ce qu’elle vienne nous rejoindre. Tisane ?
House : Oui. Vous mentez toutes, c’est une bonne stratégie, c’est simple vous dites toutes le même mensonge mais elle n’a pas vécu toute sa vie en catholique, quand elle a fait son arrêt cardiaque j’ai dû ouvrir son chemisier et j’ai alors découvert 2 choses : que les sœurs peuvent avoir de très beau seins et que sœur Augustine a un putois tatoué sur l’épaule droite. Alors c’est peut-être le putois sacré de Saint Joseph mais à ce que je sache les orphelinats et les couvents catholiques ne disposent pas de salon de tatouage dans leurs locaux.
Nonne : Nous considérons que notre vie commence lorsque que nous revêtons l’habit et prononçons nos vœux. Tous ce qui a pu se passer avant ça…
House : N’a aucune pertinence pour vous mais ça en a pour moi.
Nonne : Sœur Augustine a été recueillie dans l’un de nos foyers à l’âge de 6 ans, mais elle en est partie à 12. Elle a vécu dans la rue et a touché à la drogue, elle avait 15 ans quand elle est tombée enceinte. Elle a essayé d’avorter toute seule, elle a perdu son enfant, elle est tombée malade. Nous lui avons ouvert les bras. Si nous avions pensé que c’était médicalement pertinent, nous vous l’aurions dit.
House : Ça ne l’est pas. (Il boit la tisane). Délicieuse cette tisane, c’est de la locale ?
(Changement : Toute l’équipe de House avec Cuddy sans House marchent dans le couloir)
Cuddy : Des changements avec le traitement ?
Chase : Oui son état s’aggrave. Ses fonctions pulmonaires se détériorent, l’urée et la créatinine continuent à monter, elle a un début de fièvre et elle est couverte de plaques. A ce rythme-là elle ne passera pas Noël.
Cameron : Peut-être que House avait raison, peut-être qu’elle a autre chose. Une pathologie qu’on n’a pas décelée.
Cuddy : A savoir ?
Cameron : Un trouble du métabolisme.
Cuddy : Mais encore ?
Cameron : Un problème génétique.
Cuddy (qui commence à s’énerver): Mais encore ?
Cameron : Je veux dire que…
Cuddy : Vous voulez dire que House a raison !
Cameron : Qu’il a peut-être raison !
Cuddy : Evidemment qu’il a peut-être raison ! C’est peut-être la main de Dieu mais attendez d’avoir quelque chose de concret à proposer avant de prendre sa défense. (House envoie un sachet de thé à Cuddy). De la ciguë pour moi ?
House : Je vais vous rendre le plus grand service qu’un médecin puisse rendre à un notre, je vais vous empêcher de tuer votre patiente. C’est de la tisane de feuille de ficaire. Parfait pour les petits coups de pouce qu’on a tous besoin le matin. Ça ouvre les poumons, augmente la pression sanguine, stimule le cœur, le seul hic c’est que combiné avec ne serait-ce qu’avec 0,1 CC d’épinéphrine : arrêt cardiaque instantané. A part ça c’est délicieux.
Cuddy : Soeur Augustine ?...
House : …En buvait, si j’ose dire. Religieusement.
Foerman : Et si on retire l’arrêt cardiaque de l’équation ?
House : Tous les autres symptômes peuvent être expliqués par une allergie chronique.
Foreman : C’est ce qu’a dit et répété Cameron.
House : Oui c’est vrai. Bien joué ! Mais en acceptant trop vite de renoncer à votre diagnostic, vous avez failli tuer cette femme. Prenez exemple sur Foreman ! Allez jusqu’au bout de vos idées ! Bon c’est pas tout, mais on a une bonne sœur à sauver !
Chase : C’est repartit dans la joie et la bonne humeur.
(Changement)
House : Ça fait tellement longtemps que sa traîne que c’est passé de la petite allergie gorge qui pique au grand méchant truc rebelle et envahissant qui affaiblit son système immunitaire avec des répercutions sur tout son organisme. Alors d’où ça vient ?
Chase : Le produit vaisselle ?
House : Non, les symptômes ont persisté trop longtemps après ; c’est forcément une substance avec laquelle elle a été aussi bien en contact à l’hôpital que dans son couvent.
Foreman : Pourquoi pas la tisane ? Ça a déjà causé l’arythmie.
House : Possible mais ça demande confirmation.
Chase : On va faire des tests épicutanés.
Cameron : Pas maintenant elle est trop réactive. Elle sera positive pour tous. Il faut la stabiliser. L’isoler de tous les allergènes possibles le temps que tout son organisme récupère.
Chase : On la met en chambre stérile.
House : Parfait ! On introduira progressivement les allergènes jusqu'à ce qu’on obtienne une réaction. On sera fixé sur ce qui est en train de la tuer.
(Changement : la patiente est dans la chambre stérile)
Foreman : Voilà ! Pas de télévision, pas de livres.
Sœur Augustine : Même pas ma bible ?
Foreman : J’ai bien peur que non. Dans cette chambre l’air est filtré, l’eau est filtrée, vous avez même des draps en soie aussi décadents qu’hypoallergéniques. Ça devrait aller mieux ici.
Chase : On repassera vous voir tout à l’heure.
Sœur Augustine : Les autres sœurs peuvent venir prier avec moi ?
Chase : Il est préférable d’éviter les visites. Une fois qu’on aura identifié la cause de votre allergie, on sera un petit peu plus tolérant. Je … je peux prier avec vous.
Sœur Augustine : Je ne veux pas mourir. Pourquoi il m’a abandonnée ?
Chase (s’assoie) : Je suis allé au petit séminaire. Une fois, ilS nous ont demandé notre passage préféré de la bible. J’ai choisi la première épître de Pierre chapitre 3, verset 7 : Dieu vous envoie ses épreuve afin de s’assurer que votre foi est forte et pure, tout comme le feu éprouve l’or et le purifie.
Sœur Augustine : Et votre foi et bien plus précieuse que l’or pur à ses yeux alors si elle demeure forte malgré les épreuves, votre foi vous vaudra louanges, gloire et honneur le jour de son avènement.
Chase : Il ne vous a pas quittée. La seule chose qui vous empêche de sentir sa présence c’est la peur. Vous avez le choix : la foi ou la peur, c’est ça l’épreuve.
Sœur Augustine : Et choisir la foi ne m’empêchera pas de mourir.
Chase : Mais ça changera votre regard sur la mort, donc euh… sur la vie. Ça ne dépend que de vous.
Sœur Augustine : Pourquoi avoir quitté le petit séminaire ?
Chase : À cause de ça ! Cette épreuve, je l’ai ratée.
**
Cameron : On vous tiendra au courant.
Nonne 1 : Ça va aller maintenant ?
Foreman : Tant qu’elle n’est en contact avec rien qui risque d’aggraver son allergie, ça ira très bien.
Chase (se précipite à la vitre): Venez, venez vite ! Laissez tomber la tenue, elle fait un choc anaphylactique !
Foreman et Cameron (enfilent leurs tenues) : Faut être stérile dans cette chambre !
Chase : Dépêchez-vous ! Allez ! 0,1 CC d’epi !
Foreman : Faut l’intuber !
Cameron : C’est bon ! Le BVN ! Ça y est ! Respiration stabilisée !
Chase (à Foreman) : Comment t’expliques ça ?
(Changement : Wilson et House sont devant la chambre stérile)
House : Comment a-t-elle pu faire une réaction allergique dans une chambre stérile ?
Wilson : Ça ne peut pas être les conservateurs dans l’IV ?
House : On a vérifié.
Wilson : Le latex des tubulures ?
House : Non ! On a tout vérifié.
Wilson : Reste la possibilité d’une leucémie. Ça peut provoquer des anaphylaxies.
House : On lui a fait un bilan sanguin et ce n’est pas une néosélophilie ni une anaphylaxie idiopathique.
Wilson : Peut-être que c’est la volonté divine ?
House : C’est pas la mienne.
Wilson : Tu te rends bien compte que si les choses ne se passent pas comme tu l’espères, tu ne vas pas t’en remettre ?
House : Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Que je l’accepte, point final ?
Wilson : Oui. J’aimerais que tu acceptes que parfois les patients meurent sans aucune raison. Tout comme parfois ils guérissent sans aucune raison.
House : Non y en a une ! On ne la connaît pas, c’est tout.
Wilson : Les religieuses ne seraient sûrement pas d’accord avec toi.
(Changement : House est dans son bureau en train de réfléchir quand Cameron entre)
Cameron : Je voulais juste vous dire que je sais que vous avez fait le maximum.
House : Mais j’ai pas besoin de votre visa de contrôle pour savoir que je fais bien mon boulot. C’est votre problème, pas le mien.
Cameron : Je disais ça pour être gentil.
House : Ouais et ben arrêtez d’être toujours gentille !
Cameron (lui tend un cadeau) : Joyeux Noël !
Chase (entre dans le bureau): Sœur Augustine n’est plus intubée.
House : Bien !
Chase : Elle demande à s’en aller malgré l’avis médical. Elle veut retourner dans son couvent.
House : Il faut l’en dissuader.
Chase : Je crois que j’ai plutôt fait le contraire.
(Changement : House rentre dans la chambre stérile)
House : La chambre est payée jusqu'à la fin de la semaine. Autant en profiter.
Sœur Augustine : Cette maladie est un test pour ma foi. Si c’est Sa volonté que je parte, peu importe où je suis. Je l’accepte.
House : Quand vous parlez ça arrive qu’on vous croie ? Vous n’acceptez pas, vous fuyez ! Vous ne savez faire que ça. Vous avez fui les bonnes sœurs pour vous faire sauter. Vous avez fui le monde réel lorsque vous faire sauter s’est avéré décevant. Et maintenant que vous êtes malade vous vous refaites la malle.
Sœur Augustine : Pourquoi est-ce si difficile pour vous de croire en Dieu ?
House : Le truc avec lequel j’ai des difficultés c’est le concept même de la foi. La foi ne repose ni sur la logique ni sur l’expérience.
Sœur Augustine : Je fais l’expérience de Dieu quotidiennement, et le miracle de la vie est partout présent. Le miracle de l’amour, le miracle de la naissance, il est toujours avec moi.
House : Où est le miracle quand un enfant accro au crack vient au monde ? mh ? Quand on voit sa mère l’abandonner parce qu’il lui faut sa dope ? Le miracle de l’amour ? On a 20 fois plus de chance de se faire tuer par une personne qu’on aime que par un inconnu.
Sœur Augustine : Vous essayez de me détourner de ma foi.
House : Oh, vous pouvez croire en tout ce que vous voulez, les esprits, la vie après la mort, le paradis et l’enfer. Mais pour les choses de ce monde ne soyez pas idiote ! Parce que vous pouvez toujours me dire que vous vous en remettez à Dieu pour vous sortir de là mais quand il s’agit de traverser la route, je sais que vous regardez des 2 côtés.
Sœur Augustine : Je ne crois pas que Dieu est à l’intérieur de moi et qu’il va me sauver de la mort. Je pense qu’il est à l’intérieur de moi que je vive ou bien que je meure.
House : Alors pourquoi ne pas vivre ? C’est moins risqué de parier sur moi que sur lui.
Sœur Augustine : Quand j’avais 15 ans, j’ai utilisé tous les moyens contraceptifs du monde et je suis quand même tombée enceinte. J’ai maudit Dieu. Je lui en ai voulu de foutre ma vie en l’air. Et puis j’ai compris quelque chose : on ne peut pas à la fois être colère contre Dieu et ne pas croire en Lui, c’est impossible. Impossible. Même pour vous, Dr House.
(Changement : Wilson rejoint House qui sort de la chambre)
Wilson : Alors ?
House : Dieu est en elle. Ça serait plus simple si c’était une tumeur.
Wilson : Elle est peut-être allergique à Dieu.
(Changement)
House : On a cherché partout la cause de son allergie, partout sauf à un endroit. Dans son corps.
Foreman : Il est mentionné nulle part qu’elle ait subi une intervention.
House : Elle en a subi une.
Cameron : On va récupérer le dossier. Dans quel hôpital c’était ?
House : Elle n’a pas fait ça dans un hôpital. Scanner complet de la nonne.
Chase : Si elle refuse ?
House : Bah dites-lui que je cherche un miracle.
(Changement : La sœur encore dans l’appareil à IRM)
Foreman : Pas de piercing, pas de plombage, pas d’agrafe chirurgicale dans les bras, pas d’implant.
Chase : Strictement rien. Qu’est-ce qu’il cherche au juste ?
Foreman : C’est quoi ça ?
Chase : Je sais pas.
Foreman (à Cameron) : Agrandis ! Fais-nous une représentation en 3D !
Cameron : Oh, mon dieu !
(Changement : Dans le bureau de House)
House : Une croix en cuivre. Un dispositif intra-utérin retiré du marché y a 20 ans.
Foreman : Alors elle est allergique au cuivre ?
House : C’est rare mais ça arrive parfois.
Chase : Mais je savais pas qu’elle avait un stérilet.
House : Elle a avorté. Le stérilet s’est probablement enfoncé dans la muqueuse utérine où il ne pouvait pas être détecté.
(Changement : Chase montre la radio à la sœur)
Chase : Alors, tout ce qu’on a à faire c’est retirer le stérilet et les symptômes disparaîtront.
Sœur Augustine : J’avais 15 ans quand on m’a posé ce stérilet. Ça fait plus de 20 ans que je l’ai.
Chase : Vous avez été en contact prolongé avec un allergène avec un minimum de symptômes. Mais à un moment donné, il suffit d’un tout petit contact de trop pour déclencher la réaction. C’est comme un ballon rempli d’air, si on souffle une fois de trop, il explose.
Sœur Augustine : C’est en lavant la batterie de cuisine en cuivre que j’ai eu les plaques sur les mains ?
Chase : Et tous les symptômes de l’extérieur provenaient de l’ingestion des aliments préparés dedans.
Sœur Augustine : Le Dr House a trouvé son miracle.
Chase : Je doute qu’il interprète ça comme ça.
Sœur Augustine : Vous m’avez dit votre passage préféré. Voulez-vous que je vous dise le mien ? (Chase hoche la tête). Célébrez ce moment dans la joie parce que votre frère était mort et qu’il a ressuscité.
Chase : Le Fils Prodigue.
Sœur Augustine : Il vous attendra le temps qu’il faudra.
Chase : L’intervention aura lieu demain.
(Changement : Wilson rejoint House à l’accueil de l’hôpital)
Wilson : Le 6ème cercle de l’Enfer.
House : Enfermé dans une étude avec le nez en sang et sans un mouchoir de sec.
Wilson : Je crois que c’est le 7ème.
House : Non, le 7ème c’est…
Wilson : On doit se marrer avec toi en soirée.
House : On connaît tous les deux le point faible de cette hypothèse.
Wilson : Comment va la sœur ?
House : Son pouls est normal, ses reins vont fonctionner, oh tu connais les bonnes sœurs il suffit qu’on leur retire leur stérilet et elle pètent le feu comme jamais.
Wilson : Bon !
House : Je t’avais dit que je ne m’étais pas planté.
Wilson : Tu t’es planté.
House : Je lui ai donné 0,1 CC d’épinéphrine.
Wilson : Ouais et si Cuddy ne t’avait pas écarté tu l’aurais tuée. Tu veux venir à la maison pour Noël ?
House : Tu es juif ?
Wilson : Oui, on fête Hanoukka, ça revient au même. Il y aura des gens, des trucs à manger.
House : Non merci.
Wilson : C’est peut-être moi qui viendrais chez toi.
House : Ta femme s’en fiche de passer Noël toute seule ?
Wilson : Je suis médecin, elle a l’habitude d’être seule. J’ai pas envie d’en parler.
House : Moi non plus. (Cuddy sort de son bureau)
Cuddy : Beau travail, avec la sœur ! Félicitations !
House : Merci.
Cuddy : Très bon Noël à vous, Dr House. Dr Wilson.
Wilson : Bonsoir. Bah, quoi ? C’était gentil !

Une nonne est hospitalisée dans le service du docteur House pour des symptômes d'allergie aiguë. Le médecin lui administre un traitement antihistaminique auquel elle réagit très violemment. Elle présente une détresse respiratoire qui met sa vie en danger. Chaque nouveau traitement ne fait qu'aggraver son état. En désespoir de cause, House envoie Chase au monastère, enquêter sur l'environnement de la patiente. Une visite qui, à défaut d'apporter des réponses médicales, pousse Chase à se poser des questions personnelles. Cuddy, voyant que House est impuissant à soigner la nonne, lui retire sa patiente.









