Le Matin a publié une interview de Hugh Laurie, la voici:
Hugh Laurie : 'J’ai une mémoire de vingt minutes'
Votre album marche très bien en Europe. Vous attendiez-vous à un tel succès?
Oh, mon dieu, je n’arrive pas encore à y croire, je suis très étonné. Je suis fier de mon album, mais je n’ai jamais pensé que les gens l’écouteraient… encore moins qu’ils l’achèteraient!
L’avoir intitulé «Let Them Talk» veut dire que peu vous importe si les gens ne l’aiment pas?
Il y a un peu de ça, oui. Cette musique, c’est ce que je suis. Alors, oui, effectivement, je ne m’occupe pas de ce que pensent les gens, mais ne le prenez pas de manière agressive non plus!
Dans un épisode de «Dr House», vous dites ne pas être triste mais compliqué. Ça n’est pas la description du blues, ça?
Oui, je suppose que c’est une bonne manière de le décrire, mais pour moi, le blues, c’est un tout, ce n’est pas triste ou mélancolique. Il peut l’être, bien sûr. Mais il y a de tout: de la joie, de l’attente, de la solitude aussi, de la tristesse et de la mort, de l’énergie ou de la langueur, du sexe… Le blues, c’est un univers extraordinaire d’émotions et de sentiments
Vous interprétez «Swanee River», cette chanson que votre prof de piano refusait de vous apprendre. C’est une revanche?
Oui, bien sûr. Ça a été un moment douloureux de ma vie lorsqu’elle a refusé de me l’enseigner. J’ai voulu arrêter de jouer du piano et, surtout, j’ai refusé de manger pendant trois jours.
Si vous n’aviez pas été Gregory House, pensez-vous que vous auriez sorti tout de même un album?
Je ne me fais pas d’illusion, je sais que j’ai eu cette opportunité grâce à ce rôle. La maison de disques savait que beaucoup de gens regardaient «Dr House». Je n’aurais jamais eu cette proposition sans le succès de la série. Je pourrais prétendre que c’est grâce à ma musique, mais ce serait stupide. Je suis heureux d’être dans cette position, mais j’espère que grâce à cela, les gens m’écouteront et qu’ils en auront plus qu’ils n’attendaient.
House est très cynique. Est-il plus facile de jouer un personnage que l’on apprécie ou que l’on déteste?
Je pense qu’il faut aimer le personnage que l’on interprète, même si c’est un monstre. J’ai beaucoup d’affection pour le Dr House, vraiment beaucoup. Je sais qu’il est méchant, qu’il est problématique, mais je l’aime beaucoup. Il est drôle, courageux. J’aime aussi son côté misérable, je me sens fan. Et je pense que le public aussi le voit comme une personne blessée, endommagée, ils ont envie de le soigner. Enfin, tout ça n’est qu’une série! (Rires.)
Est-ce que les gens dans la rue vous demandent des conseils médicaux?
Non, ils ne le font pas. Et ils n’ont pas intérêt, d’ailleurs! Non seulement je ne m’y connais absolument pas en médecine, mais je ne me souviens de ce que je raconte que durant un moment très furtif. J’ai une mémoire de vingt minutes. Après, j’ai tout oublié!
Vous avez écrit aussi un polar. Mais sur votre passeport, préféreriez-vous être défini comme écrivain ou musicien?
Musicien, je pense! C’est le plus excitant et romantique des métiers. La meilleure partie de cette expérience-là, c’est de voyager avec tous ces musiciens incroyables, de me retrouver sur la route, de ville en ville. Il y a un côté très sauvage. Il y a quelque chose de romantique dans le cirque des voyages, comme une sensation d’être un gitan, de bouger d’un endroit à l’autre avec de la musique.

